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SOMA : En Eaux Troubles…

Qui n’a jamais rêvé de visiter les abysses de l’Océan Atlantique, de se balader avec une combinaison de plongée pour en admirer les fonds marins et s’extasier devant la particularité de la faune et flore aquatique ? C’est ce genre d’expérience que nous propose SOMA, mais dans un contexte de survie post-apocalyptique, autant vous dire que cela ne va pas être une balade de santé…

Tout commence en 2015, lorsque, suite à un accident de voiture, vous décidez de vous rendre chez un mystérieux docteur qui vous propose de vous aider à calmer les migraines post-traumatiques qui vous accablent. Le prologue du jeu vous propose une introduction réussie, vous permettant de comprendre rapidement qui vous êtes, ce que vous faites dans la vie – un vendeur, tout ce qu’il y a de plus ordinaire – et ce pourquoi vous vous rendez chez le mystérieux docteur. Après que Simon, c’est-à-dire le personnage que vous incarnez, s’est assis confortablement dans un siège, vous assistez à une cinématique où l’on vous scanne le cerveau, et là, surprise, vous vous réveillez dans une base sous-marine, sans aucun rapport avec le bureau du fameux médecin où vous étiez quelques secondes auparavant. Que s’est-il passé et comment rentrer chez vous ? Au fur et à mesure de votre progression, vous comprendrez l’effroyable vérité qui cache derrière, une intéressante réflexion…

Un écran titre qui n'inspire pas vraiment la joie de vivre...

Un écran titre qui n’inspire pas vraiment la joie de vivre…

QUAND AMNESIA CROISE BIOSHOCK…

Le studio de Frictional Games connu notamment pour Amnesia : The Dark Descent qui a popularisé ces dernières années le genre horreur et ses émules (à l’origine du succès de certains YouTubers comme PewdiePie), est aux commandes de cet opus qui est pour le moins très angoissant. Vous allez vite apprendre que vous vous trouvez au beau milieu de l’Océan Atlantique, sans aucun contact avec l’extérieur, et qu’il va falloir vous débrouiller pour trouver un moyen de vous en sortir. Plus tard, vous ferez la rencontre du docteur Catherine Chun qui vous en apprendra plus sur ce qu’il en est. Sans trop spoiler, la notion de transhumanisme est au cœur de l’aventure qui se veut avant tout narrative. Le jeu aborde des sujets qui ne sont malheureusement que peu traités dans le domaine vidéo-ludique et vous questionnera sur la frontière entre l’humain et la robotique, ce qui en fait un point intéressant à noter. D’autres thèmes comme la question de l’identité et de la réalité sont aussi présents. Ainsi, on y retrouve certains éléments empruntés à des films comme Matrix, Inception, ou encore Vanilla Sky mais toujours avec un point de repère pour ne pas perdre le fil. Il est en effet courant de se perdre dans ce genre de narration et que cette dernière ne devienne plus qu’un mélange sans queue-ni-tête, mais ici il faut noter que les indices et les cinématiques sont suffisamment nombreux pour comprendre et en même temps s’interroger, ce qui est tout à fait remarquable. Mais c’est surtout de Bioshock (et du deuxième opus en particulier) dont l’univers se rapproche le plus. Au programme : exploration dans des complexes sous-marin, à l’intérieur tout comme à l’extérieur, en contact avec la faune locale qui s’avère d’ailleurs particulièrement dangereuse à un certain moment. La progression est, sur un certain point, une des faiblesses du titre : on devine assez rapidement les différentes zones que l’on explorera, et d’ailleurs peut-être même la fin. Les moments « pas de bol » ou « comme par hasard » sont nombreux et on peut en avoir une sensation qui finalement gâche un peu la surprise. L’effet d’exploration et de nouveauté en est donc certainement amputé mais le gameplay parvient à se renouveler suffisamment pour ne pas se montrer ennuyant ou répétitif. En fait, c’est simple, on est suffisamment intrigué par le décor et l’environnement pour être incité à parvenir au bout des six à huit heures de jeu.

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Les environnements de SOMA sont particulièrement soignés. Ici, un artwork évoquant le début de l’aventure.

CACHE-CACHE DANS LE NOIR

Pas besoin d’être un crack pour venir au bout de SOMA, la difficulté du titre étant peu relevée. En fait, elle réside plutôt dans la maitrise de votre propre peur et votre capacité à résoudre quelques énigmes qui viendront saupoudrer votre progression. Les commandes sont simples : une touche pour courir, une autre pour regarder à gauche et à droite, et une touche d’action pour interagir avec tout ce que vous pourriez trouver sur votre chemin. En cela, c’est un vrai plaisir de pouvoir prendre un carnet par-ci et de le poser par-là, de déplacer des plaques de métal qui vous empêchent de parvenir au bout de tel couloir, de consulter des ordinateurs, d’ouvrir bon nombre de placards, tiroirs , portes, trappes, et j’en passe.  La facilité de prise en main et le réalisme de l’exploration sont saisissants, et facilitent l’immersion à tel point que l’on se prend rapidement au jeu et qu’on ressent de l’empathie pour ce pauvre Simon. Par ailleurs, on retrouve tout comme dans Amnesia la rencontre avec des monstres difformes qui vous feront sursauter plus d’une fois mais soyez rassurés, la peur est très bien gérée dans SOMA et très peu de jumpscares vous attendent dans les installations de Pathos-II. Vous êtes seul face à ces monstres robotiques, et vous n’avez aucun moyen de défense si ce n’est vos jambes pour fuir et votre tête pour réfléchir à certains endroits où il serait idéal de s’y cacher. Ainsi, vous vous retrouverez bien souvent à jouer avec les ouvertures de porte pour attirer l’attention, ou bien faire diversion pour pouvoir rejoindre l’autre côté du couloir que la chose vous empêchait d’y accéder. De plus, lorsque vous vous faites attrapé, vous vous réveillez là où le monstre vous a attaqué, celui-ci réapparaissant plus loin et vous permettant de continuer à progresser, avec tout de même une vision devenue plus floue qu’auparavant. Il vous faudra alors trouver des espèces d’orifices appartenant au WAU, l’entité parasite de Pathos-II, pour pouvoir régénérer votre santé, tandis que si vous êtes touché une autre fois sans vous être soigné auparavant, il vous faudra recommencer au dernier checkpoint. Ces derniers sont par ailleurs particulièrement nombreux. Ajoutez à cela des énigmes ni trop simples ni trop compliquées, et un rythme narratif qui vous tient en haleine, et vous obtiendrez un jeu d’exploration qui n’est absolument pas frustrant et où vous avez  vraiment la sensation d’avancer sans prise de tête.

Il arrive ! Il serait peut être temps de trouver une cachette...

Il arrive ! Il serait peut être temps de trouver une cachette…

 

AQUAPHOBIA

Ce qui est particulièrement bien rendu dans SOMA, c’est avant tout le rendu de l’eau et de l’environnement. Ainsi, malgré l’obscurité des eaux profondes, on se surprend à explorer plus que nécessaire pour tomber sur un indice qui pourrait nous en apprendre plus sur ce qui s’est passé. Les textures sont particulièrement réussies, et du point de vue technique, malgré quelques ralentissements au chargement des sections, et au lancement du jeu, le reste tourne parfaitement. Il m’est cependant arrivé au cours de mon aventure de faire face à deux voit trois bugs majeurs (bloqué dans une zone, ou un script tournant en boucle) qui m’ont forcé à redémarrer. Pour le reste, les animations sont particulièrement réussies ainsi que les effets de lumière, notamment dans l’océan. Une attention particulière a été portée sur les musiques et les effets sonores et cela porte ses fruits : il suffit de prêter attention aux sons qui grouillent autour de vous, pour n’être plus du tout rassuré au moindre bruit de pas autre que les vôtres, au grésillement d’une lampe, ou encore en marchant sur un simple objet en métal. Les fichiers audios que vous retrouverez au fur et à mesure sont eux aussi de qualité, ainsi que les doublages des différents personnages, nombreux et vous plongeant toujours plus dans l’ambiance. Enfin, les filtres visuels — déjà présents dans Amnesia — se retrouvent aussi dans SOMA et accentuent votre angoisse : à l’approche d’un danger ou d’un ennemi, votre vision se brouille, et croyez-moi, les séquences de vos morts en marqueront plus d’un. C’est donc un véritable plaisir que d’avoir à faire à un jeu qui, en plus d’être particulièrement beau, offre une ambiance splendide aux environnements variés.

C'est pas vraiment le moment de faire trempette...

C’est pas vraiment le moment de faire trempette…

EN CONCLUSION…

SOMA est un titre qui m’a particulièrement marqué et que je recommande même à ceux qui n’aiment pas forcément les jeux d’horreurs en raison de l’expérience narrative qu’ils délivrent. Les sujets du jeu sont traités de manière particulièrement intelligente, et l’on se questionne régulièrement sur la légitimité de tel ou tel personnage, allant jusqu’à aborder des thèmes philosophiques. Il s’agit d’une expérience courte mais intense, certes que l’on aurait parfois aimé un peu mieux conçue concernant certains passages, mais qui vaut vraiment le coup d’être essayé.

SOMA est disponible sur PC (27.99€ sur Steam) et sur PS4 depuis le 22 Septembre 2015.

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